Gudule est une terreur!

Les joueurs comprendront

« Hep hep hep, là ! Vos papiers, Madame !
-C’est mademoiselle, d’abord
-Mais vos copines féministes, là, elles ont fait supprimer le mademoiselle ! Ahahahaha, comme si cela avait de l’importance ! »

La blague pourrie de faite, nous allons pouvoir évoquer ce qui agite la sphère féministe. Je parle, bien évidemment de dernier numéro du magazine Causeur qui a fait un coup de marketing assez gonflé car tous les articles rageant ou se foutant de sa tronche lui font de la pub gratos. Le mien ne va pas faire exception. Personnellement, j’en ai rien à faire car au vu de mon nombre de lecteurs, c’est pas ça qui va leur payer une baguette à la fin du moins. Tout juste si je vais payer la TVA dessus.

Je suis un peu en retard je dois l’avouer. Cet article est sur le feu depuis bientôt un mois mais j’ai été prise par d’autres choses… mais comme on dit « vieux motard que jamais ». Ouais aujourd’hui je suis très très drôle.

Dans la sphère journalistique, il existe « Causette », magazine pseudo féministe qui se veut à la pointe de l’innovation féminine. N’étant néanmoins pas là pour démonter ce torchon, je ne vais pas m’y attarder juste pour dire que le pendant masculin(iste) à été créé sous le nom de « Causeur »… et ouais, on va noter les efforts d’imagination de la part des créateurs….
Ceci dit « Causeur » se veut être un journal de réflexion qui n’a de transgressif que la prétention. Cherchant le buzz comme un poux cherche une tête enfantine, ils ont lancé pour juillet un numéro ayant pour sujet:

LA TERREUR FÉMINISTE

Est ce que vous sentez les frissons hérisser votre peau, la peur titiller vos neurones?
Non? Bah moi non plus en fait.

Mais peut-être que l’image d’intro vous effrayera un peu plus:

Vous notez le sourire Colgate, la tronçonneuse mal tenue, et le sourire pervers de cette féministe? Notez surtout le sourire !!!

Sortez les fourches et les torches, il y a de la féministe au menu les amis! Faites gaffe, ça mord ces bêtes-là!

L’objet du délit se situe à deux endroits (les liens sont au bout de l’article): l’édito et l’article de Mme Levy, fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur. D’autres que moi ont déjà répondu à M.Bories, le rédac chef de ce média. Si je tiens à en parler, c’est pour donner mon propre éclairage à ce que je refuse de nommer comme étant des articles qui se veulent transgressifs et humoristiques.

Commençons par l’édito.

Causeur consacre enfin un dossier complet au néo-féminisme débridé qui, de manifestes vengeurs en pénalisation des dragueurs, semble avoir pour projet d’abolir toute différence et de punir les hommes coupables de pulsions sexuelles. Une perspective qui m’ennuie un peu […] Vous avez remarqué ? Quand elles se déshabillent, elles font semblant d’être sages…

Voilà. Le ton est donné: même pas le quart du huitième de l’édito et nous sommes dans le trip du lourd en transport en commun qui aime mater les filles et qui ne comprend pas que son « petit » plaisir de machiste soit un problème pour celles (et ceux) qui en sont victimes.

 

Et la presse féminine est le bras armé de la terreur qu’elles font régner…

La presse féminine? Laquelle? Elle? Biba et consoeurs? Il a déjà daigné ouvrir l’un de ces magazines où l’on demande aux femmes d’être: bonnes mères, bonnes au pieu (mais pas trop sinon ça fait salope), être minces, sportives, bonnes amies, bonnes au boulot… Le tout en ayant air de plus en plus jeune…  Personnellement, je ne vois pas où est le bras armé de ce pseudo néo-féminisme dont Causeur fait son fond de commerce…

Quadra hétérosexuel cerné de femmes-bulldozer, il raconte comment il a survécu à la dictature matriarcale qui règne au sein d’un média pour filles à gros tirage, où faire la bise à une collaboratrice est sexiste, à moins d’être gay.

Donc, se faire taper le cul, mater le décolleté et être de corvée de café par la rédac masculine, c’est pas du sexisme. Par contre, quand il s’agit de faire une plongée dans un système régit par des femmes, là…. c’est tout un poème.

Voilà pour cet édito (la lettre ouverte parle cent fois mieux que moi de ce « truc »). Mais je m’arrête sur les commentaires édifiants:

Pour les féministes pures et dures ( pas toutes j’espère ) le simple fait d’adresser la parole même gentiment à une fille que l’on ne connait pas est considéré comme du harcèlement

Tout à fait: vous lisez bien. En prenant le problème dans l’autre sens, on a: « Mais le mec lui a demandé poliment s’il pouvait la violer. Elle a dit non. Mais il a demandé poliment, M’sieur l’agent! C’est pas un viol! ». Mais reprenons la suite du commentaire (savoureux, hein?)

j’ai donc l’impression que ces nouvelles mesures vont plutôt “stigmatiser” les garçons plus délicats, ceux qui hésitent, ceux qui se disent “Peut être devrais-je aller lui parler, peut être qu’elle me rembarrera mais peut être que non : comment le savoir si je ne le fais pas ?”, bref ce sont plutôt ce genre de garçons là qui vont une fois de plus y perdre, les célibataires non pas par choix mais parce qu’ils ne rencontrent personne et parce que la société tend à ce que les rencontres deviennent de plus en plus impossibles.

Peut-être qu’essayer de voir si elle est « ouverte » à une rencontre… en matant autre chose que son décolleté, par exemple. Non parce que bon, dit comme ça, c’est à croire que pour faire plaisir à monsieur timide, madame est obligée d’écarter les cuisses et de lui dire que c’est open bar… Une femme lui répond quelque chose dont l’intelligence me donne peu de foi pour l’avenir des femmes en ce monde:

Nous ne sommes pas toutes ravagées, un garçon courtois, souriant, poli ne se fera envoyer sur les roses que par des tarées donc inintéressantes.

Alors, courage, jetez-vous à l’eau, quitte à vous mettre à genoux car, là même une “féministe pure et dure” n’aura aucune raison de hurler au harcèlement. Toute fille normalement constituée serait très embarrassée dans une telle situation mais émue et qui sait… séduite ; en tout cas, très flattée.

Pardon? Je ne m’estime pas ravagée (merci de s’inquiéter pour ma santé mentale de féministe) mais même un mec poli, je le rembarre. Gentiment, certes, mais il se prend son shoot. Je ne m’estime pas non plus inintéressante…  Mais bon, il ne faudrait peut-être pas trop demander de réflexion à une femme qui pense que si l’on est pas flattée par un homme poli qui demande à entrer dans sa culotte, c’est que l’on est complètement fracassée… (j’abuse un peu car toutes les dragues ne sont pas uniquement pour baiser… ou presque).
Mais je me pose une question: qu’est-ce-qu’une fille normalement constituée? Si j’en crois cette femme, c’est celle qui est flattée et émue (pourquoi pas honorée tant qu’on y est?) d’être abordée en pleine rue alors qu’elle ne demandait que d’être tranquille. C’est à avaler du poison pour éviter de voir autant de conneries….

 

Mais passons… Nous allons voir l’article la fondatrice de Causeur qui, si j’en crois les Inrocks, est plus proche d’Eric Zemmour que de Causette, que je citais plus haut.

 

Déjà, le titre: « 30 millions d’ennemis, au secours les Ligues de Vertus reviennes! » … Non, elle ne va pas parler de cette nouvelle police des moeurs que j’évoquais il n’y a pas si longtemps. Elle va évoquer les féministes comme étant les nouveaux démons à chasser car réductrices de phallus libertés masculines.

Pour défendre la cause des femmes, on placarde sur les murs de nos villes des clitoris géants (à mon humble avis, cette image de la toute-puissance féminine donnait plutôt envie aux hommes de fuir à toutes jambes, mais les copines n’ont pas dû lire Martine fait une analyse)

Et elle, a-t-elle regardé autre chose que son clitoris? Non parce que pour asseoir la domination masculine, on fait quoi? On placarde des mannequin en 4 par 3 dans chaque coin de rue…. Le tout sous l’oeil délicat d’un mâââââââle digne de ce nom….

Des journalistes politiques de sexe faible (je blague !) hurlent au sexisme parce que des hommes politiques les invitent à dîner ou louchent sur leur décolleté, autrement dit parce qu’on les désire – quel calvaire !

Désolée, Mme Lévy… Le prochain qui me bavera dans le décolleté, j’écarterai les cuisses pour qu’il puisse se vider de son désir autant qu’il le veut. Je ne suis qu’on objet de désir, la seule et unique chose à laquelle je suis bonne d’ailleurs.

Sur nos écrans, c’est une succession sans répit de causes à défendre, de discriminations à combattre, d’oppressions à dénoncer – les jouets « genrés », le sexisme de la grammaire, le partage des tâches ménagères, la drague lourde, le prix du Tampax, et même les menstruations, dont un texte publié par Atlantico nous apprend qu’elles sont un « tabou qui discrimine encore la moitié de l’humanité » –, il faut que cela cesse !

Encore désolée, Mme Lévy. J’accepte que ma condition de représentante de la gente féminine me pousse à devoir payer mes vêtements, mes produits de première nécessité plus chers. Qu’elle me pousse à être moins payée, à ne pas avoir accès à une médecine correcte, que les hommes me trouvent impures et m’enferment dans une pièce pendant 7 jours par mois.

Tout cela peut paraître bien plus ridicule qu’inquiétant. Ce qui est inquiétant, c’est précisément que personne ou presque ne semble voir le ridicule.

Ri.di.cu.le. Tout à fait. Quand les femmes dans les années 70 ont demandé l’avortement, la contraception et cie… On les a tourné en ridicule. Maintenant, quand on veut plus d’égalité, c’est inquiétant. Ok, vouloir changer la grammaire, c’est quand même pousser le bouchon un peu loin malgré le fait que cela reste compréhensible: tout est tellement masculinisé! Toujours l’homme qui domine, on peut comprendre que l’on veuille quelque chose de neutre.

Cependant, je n’en démordrai pas : derrière l’étendard du féminisme, c’est bien une mécanique de terreur qui se déploie par le chantage victimaire et l’intimidation. Le premier symptôme de cette terreur, c’est qu’il est interdit de s’en moquer. Et même de la voir.

Gosh, je ne savais pas que l’on était dans une Terreur… Mme Lévy, avez-vous eut les mêmes cours d’Histoire que moi? Parce que j’en ai pas l’impression là… Dans le régime de la Terreur, toutes les féministes, toutes les femmes bafouées d’une manière ou d’une autre, auraient eut le droit de vous traîner en place de Grève pour vous faire votre fête. Pourtant non: vous avez eut le droit de publier votre logorrhée verbale (ouais ouais ouais, je l’ai fait exprès).

On ne peut même pas dire que je manque d’humour. Avec Norbert à la maison, j’ai intérêt à en avoir. Monsieur a la blague sexiste rapide… Et je ris comme une dinde. J’avoue. Et je suis féministe. Merde, je vais me faire pendre alors?

Dois-je parler de la litanie des « on ne plaindra pas »? Je ne crois pas non. Mme Lévy, vous avez, je le pense, un sérieux problème avec les représentantes de votre sexe ou du moins, avec les féministes. Vous faites des amalgames, des raccourcis, vous reniez toute humanités à celles (et ceux, désolée de vous décevoir, il y a des hommes qui se clament féministes) qui cherchent l’égalité. Liberté, Egalité, Fraternité… Ca devrait vous dire quelque chose, non ? Les féministes (si l’on retire les extrêmes) ne cherchent pas la domination de la femme sur l’homme. Mais cela… je doute que vous puissiez le comprendre.

Mais aucun de vous, chers messieurs, camarades, amis et amants, n’est à l’abri de la furie vindicative et punitive de nos Big Brothers en jupons – même si certaines sont des hommes, il faut vivre avec son temps.

L’affaire du Carlton. Je ne m’étalerai pas dessus. En revanche, oui les hommes doivent désormais faire attention. La rue commence à être revendiquée par d’autres personnes qu’eux. Les femmes commencent à ne plus vouloir n’être que des vagins sur pattes. Elles veulent la tranquillité, la sécurité, la liberté, l’égalité. Qu’elles soient nées femmes, devenues, ou se sentent comme telles. Les femmes ne sont pas des objets, il est plus que temps que cela entre dans le crâne de tout le monde.

Reste que le féminisme a largement accompli sa mission historique. Mais après la victoire, le combat continue – et le show aussi. Nous avons conquis l’égalité, même si, comme toutes les choses humaines, elle n’est jamais parfaitement réalisée. Il faut maintenant faire régner la parité en tous lieux – sauf dans les couples évidemment.

C’est quoi la mission historique du féminisme? Je demande parce que j’aimerai bien savoir… Il me semble que quand on veut parler (et railler) un sujet, la moindre des choses serait de se renseigner un minimum (et un maximum quand on se veut rédac d’un journal) sur ce dernier sous peine d’être ridicule. Juste comme ça, je ne dirai qu’un seul argument: l’égalité des salaires.

Seulement, nos néoféministes se fichent éperdument de ce que veulent les femmes concrètes.

Et on dit que la marmotte met du chocolat dans le papier d’alu… On ne sait jamais.

Personnellement, je vais m’arrêter là. Je crois en avoir déjà dit et je finirais par être sérieusement violente. Le reste de l’article de Mme Lévy prouve combien elle méconnaît son sujet et n’a jamais réfléchit plus loin que la pointe de ses ongles vernis (ce n’est pas moi qui dit qu’ils sont vernis mais M.Bories). Pour vous faire votre avis, je vous enjoins à lire (et tenter de ne pas vous arracher les cheveux sur) ces propos alarmistes/moralisateurs/réac qui se veulent trolilol dont vous trouverez les liens plus bas.

 


Terrafemina – Lettre Ouverte à Causeur et sa terreur féministe

Causeur – L’édito

Causeur – 30 millions d’ennemis

 

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