Vie en eaux troubles : les bas fonds du féminisme #1

Pre Scriptum: Je sais qu’avec ce titre je vais me faire traiter de tous les noms si jamais il arrive aux oreilles de certaines. Ce que je critique, c’est leur comportement à elles. Pas le reste.


 

Depuis quelques temps, je me suis inscrite à quelques groupes de féminisme en pensant trouver des personnes qui comme moi, étaient… ouvertes d’esprit et cherchant à communiquer sur le sujet, réfléchir ou simplement capables d’expliquer les choses aux personnes qui, comme moi, sont parfois perdues dans les méandres des différents courants féministes.

Parce que j’ai beau m’y intéresser fortement, je suis encore une noob dans le domaine comparativement à certaines. Cependant, voilà quelle connerie n’ai-je pas faite?! Déjà, c’est un labyrinthe insondable, du genre les abîmes. Essayer de s’y retrouver, c’est faire l’un des 12 travaux d’Astérix:

Il n’y a pas si longtemps, je vous parlais de la Grève du Sexe. Ce n’était encore que la partie quelque peu immergée de l’iceberg. D’autant plus que quand on est comme moi à aimer poser des questions simplement pour aller au fond des choses, que l’on essaye de comprendre le point de vue de l’autre… Ce qui force des gens qui pensent avoir la bonne parole et la vérité à se remettre en question, à trouver les bons mots (parce que oui, je pousse aussi le vice à discuter le moindre terme… Simplement par souci d’exactitude)… Chose pour laquelle les féministes des bas-fonds ont autant de capacités (attention #spécisme) qu’un escargot pour ouvrir les huîtres.

Parce que voilà, tous ceux qui osent remettre en question ou même s’interroger sur le bien fondé ou l’équité de la démarche, sont tous des ennemis qu’il faut éradiquer de la surface de la planète.


 
A coup d’accusation qui ont le vent en poupe. Ces dernières sont un peu comme le Point Godwin. Là où on utilise le nazisme, on utilise désormais le racisme, le sexisme, l’homophobie et cie en tant que Point Godwin 2.0. A partir du moment où l’accusation tombe, il faut se taire et s’aplatir.

Même si l’on te fait un procès d’intention et que l’on t’accuse de tout est de rien. Même si tu essaies de prouver ta bonne foi, que tu t’excuses… Rien… Tu te tais et tu subis l’avalanche de haine.

Si j’écris cet article c’est simplement parce que cela fait deux fois en moins d’un mois que je me prends de la violence gratuite, une chasse aux sorcières qui me ferait presque penser aux heures les plus sombres de notre histoire.

C’est pour moi, ça me fait tellement plaisir!

Il y a peu de temps, j’ai appris qu’il y avait un Afroféminisme. Oui. Tout à fait. Dire que cela m’a étonné est un doux euphémisme puisque je suis encore assez naïve pour me dire que le féminisme lutte contre toutes les discriminations et que, finalement, il n’y a pas besoin de faire un féminisme « racisé » et que si le sexisme était souvent mâtiné d’intersectionnalité, l’on devait se battre ensemble.

Non pas que je nie le fait que la question de la couleur de peau soit importante dans la question du féminisme ou bien que je sois privilégiée par rapport à d’autres. Je pense simplement que se diviser ne fera rien avancer.
 
J’assimile ça à une réaction primaire pour savoir qui a, encore et toujours, la plus longue liste de méfaits de la part des autres.  Histoire de savoir qui peut se plaindre, qui a le plus le droit de parler que les autres.

C’est ce que j’appellerai presque « le combat des pleureuses »

Leur souffrance est réelle. En revanche, ce qui est aussi réel, c’est leur agressivité et leur violence. Parce qu’elles sont des « plus » (plus stigmatisées, entre autres), elles s’octroient le droit d’évacuer leur frustration sur celles qui sont « quasiment » dans le même panier mais qui ont « la chance » de ne pas avoir les mêmes problèmes qu’elles.

 

Dans ma dernière exploration, il a été question d’un symbole (que j’ai déjà utilisé moi-même):

Ce symbole, on le voit régulièrement et il est notamment utilisé par les féministes. Mais voilà, la maternité revient aux féministes afro-américaines (si tant est que l’on puisse encore utiliser ce terme dans être catalogué comme raciste…) des années 70 et dont est issu le mouvement de Black feminism…

Effectivement, il n’y a pas photo comme qui dirait. Sauf que voilà… Quand tu es « blanc » et que tu l’utilises, tu fais de l’appropriation culturelle.

 

En attendant que je me penche plus en profondeur que ce que c’est, il faut savoir la base:

L’appropriation culturelle, c’est le fait d’adopter des aspects d’une culture qui n’est pas la sienne.

Saupoudrez le tout avec la question de la domination et de l’oppression du privilège blanc et vous avez une idée de ce que c’est.

Ce point éclairé, voilà ce qui me pose souci:

  • D’un point de vue légal, c’est un logo répondant à la législation régie par le Code de la Propriété Intellectuelle. Globalement, ici, on peut estimer que c’est une « marque qui n’a pas été déposée ». Ce qui sous-entend que tout le monde est en droit de l’utiliser,  Après, on ne peut pas non plus demander à tout le monde d’avoir une connaissance approfondie de l’histoire des logos…
  • Historiquement, les féministes afro-américaines des seventies n’ont pas inventé grand chose. Bah oui, le point levé est connu, notamment, pour les luttes ouvrières, comme symbole à la fois de révolte et de rassemblement. Le miroir de Venus (aka le symbole de la femme) est rattaché à la culture dite « universelle ». Le poing + le miroir (rouge foncé sur fond blanc) est souvent assimilé au féminisme radical aka radfem et à été inventé pour la manifestation de 1969 contre les Miss America.

Pour un an ou deux, on va pas chipoter allez vous me dire. Et bien si. Puisque si le symbole est en noir, il appartient automatiquement au blackfem. Pourquoi? Parce qu’il est noir. Question à la c*n:
 

Est-ce-que tout ce qui est en noir appartient, de fait, aux Noir.e.s?

 
Cela peut passer pour du troll mais quand on en vient à se faire traiter de bouffonne simplement parce que l’on s’étonne d’une sectarisation dans un mouvement qui devrait rassembler… Faut mieux oser les questions à la c*n… aux bonnes personnes, celles qui ne vont pas directement monter sur leurs grands chevaux, se braquer, être sarcastiques simplement parce qu’elles ne savent pas taper ailleurs et autrement ou parce qu’elles ne le peuvent pas.
 
J’ajoute aussi l’effet de groupe qui a tout à voir avec des hyènes (#specisme #sexisme) se battant pour un bout de viande. Il s’agit de mon ressenti en lisant les commentaires qui ont pullulé allègrement (pas tous à mon encontre mais ne pas être visée ne m’empêche pas d’être choquée). Evidemment, de m’insurger contre ce comportement, je n’ai pas droit. Je suis une blanche privilégiée, non ?

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D. venait tout juste de dire que pour elle, les races n’existait pas. Enfin, plutôt « fuck » les races. Evidemment, « on » a opté pour une négation du racisme… Pas pour l’interprétation la plus… logique.

Sachant qu’à ses propos, il y a eut, outre l’accusation de racisme colorblind, cette image:

Bah oui, toi blanche ne pas avoir droit de dire qu’à tes yeux, quand tu regardes un.e Noir.e. ce n’est pas la couleur de peau que tu vois pour la définir. Non non non non !

 

A l’une de mes réponses, on m’a donné cette image:

La réponse est: parce que les personnes racisées subissent à la fois du sexisime et du racisme (entre autre). Me donner cette image, c’est croire que je n’ai pas le moins du monde conscience que les discriminations sont intersectionnelles (ont plusieurs origines) et c’est me nier simplement le droit d’avoir une vision du féminisme différente de la leur. Je n’en ai pas le droit. Parce que je suis blanche et privilégiée.

Quitte à me répéter: oui le racisme ça existe. Oui les personnes « racisées » font face à de multiples problèmes (elles ne sont pas les seules ceci dit). Oui, l’appropriation culturelle existe mais elle est dans les deux sens (c’est ce que je crois). Oui, il y a biens des privilèges de blancs.

 
 
Il ne faut pas non plus oublier que si quelqu’un racisé vous traite de raciste, c’est que vous l’êtes. Point. Vous devez simplement acquiescer et ne pas chercher à éclaircir une potentielle erreur de communication. Vous êtes jugé, exécuté, sans le moindre procès.

 

Cet énième rappel fait, je vais peut-être pouvoir échapper aux cailloux et éviter de me faire traiter de raciste oppressive à la moindre question. Quoique non, il ne faut pas que j’oublie: je suis blanche. C’est dans mon essence: je suis raciste et oppressive.

 
 
Amère moi? Probablement. Parce que je suis usée de voir que quoique l’on fasse, quoique l’on dise, on ne sera jamais que des oppresseurs blancs, malgré tout les efforts que l’on puisse faire, on paie pour tous les racistes pur race. Et que j’estime que ce n’est pas en tapant un peu partout qu’elles servent leur cause. Au contraire.

 
 
 
 

Mais je vous en prie, refusez la violence. L’oeuvre la plus honorable, la plus digne d’admiration qu’un peuple ou une nation puisse accomplir, c’est de réaliser ses aspirations en agissant dans la discipline et la non-violence.  – Aung San Suu Kyi

 

 

 


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Une réflexion sur “Vie en eaux troubles : les bas fonds du féminisme #1

  1. Je ne comprendrai jamais ceux qui, pour défendre une noble cause, usent de moyens abjects comme la violence, l’agressivité et l’intimidation. Je trouve curieux de taper sur ceux qui sont prêts à entendre leur cause… À mes yeux, ce n’est pas avec ces méthodes qu’on fera avancer la justice sociale et l’égalité. Pour défendre une cause, il faut savoir défendre ses convictions fermement bien sûr, mais il faut aussi convaincre les gens, pas se les aliéner ou les faire fuir. À quoi bon, sinon ?

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