Vie en eaux troubles: Le TDAH #1 – présentation

Tout d’abord, demandons-nous ce qu’est qu’être normal…:

Être normal: Se dit d’un sujet présumé être dans la normalité.

Normalité: État, caractère de ce qui est conforme à la norme, à ce qui est considéré comme l’état normal. En psychiatrie: caractère heureux des relations aux autres et à soi-même, quelle que puisse être la nature des conflits sous-jacents.

En gros, être normal, c’est entrer dans le moule des normes sociétales et de ne pas varier d’un iota. Enfin, je déconne… presque.

Plus sérieusement, c’est l’idée d’avoir un comportement socialement acceptable en permanence. Les attentes varient en fonction des individus, du genre etc etc etc…

Une norme sociale réfère à une règle de conduite dans une société ou un groupe social, notamment des manières d’agir. Les normes sociales définissent le domaine de l’action sociale en précisant ce que l’individu peut ou ne peut pas faire. Elles traduisent les valeurs et les idéaux dominants de la société ou du groupe.

Il existe des normes formelles, (écrites : lois, différents codes et règlements). Il existe également des normes informelles qui constituent en fait les mœurs, les habitudes, les coutumes, etc (ex.: politesse, rythme de repas). Le non-respect de ces normes est soit toléré soit rejeté et sanctionné. (Source: Wikipédia)

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, HEIN ?

S’il est clair que je tâche d’être au plus près des normes formelles (enfin, surtout la loi, parce que j’ai déjà du mal avec le reste), le bât blesse réellement quand on entre dans la catégorie « informelle ». J’en entends déjà dire que c’est parce que je suis une chieuse professionnelle. Certes, mais pas que.

 

La plante verte que je suis, outre avoir des poumons en cartons et un système immunitaire dissident, a une maladie  dont on ne parle pas, ou très peu, en France: elle a un

 Trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité.

(paie ton nom quand même)

Alias TDAH (ou ADHD pour Attention Deficit Hypercativity Disorder). La variante « sans » hyperactivité existe (ADD en anglais) ainsi que celle avec hypoactivité. Globalement, on dit « être TDA » parce que souvent, les symptômes sont cycliques (je l’expliquerai plus tard).

 

Bon, elle est mignonne la Gudule mais kézako?

Et bien, c’est un trouble neurobiologique dans lequel peut entrer une composante génétique. Ce trouble entraîne de très grandes difficultés à se contrôler (gestes, comportements, idées…). Les avis divergent quant à l’origine réelle de ce trouble mais l‘hypothèse de l’atteinte cérébrale (lobe préfrontal; puisqu’il a été établit des similitudes entre les personnes atteintes de TDA et celles qui ont des lésions cérébrales même si elles sont minimes) est la plus communément acceptée.

D’un point de vue purement neurobiologique, il y a un déficit de dopamine, ce neurotransmetteur très pratique qui, avec la noradrénaline et la sérotonine (souvent en déficit aussi), joue un rôle modulateur final essentiel des sorties psychiques et motrices.

Concernant la génétique, il ne faut pas croire que l’on parle d’un dysfonctionnement génétique. En réalité, le « profil » TDA était très en vogue à l’époque des chasseurs-cueilleurs nomades. La sédentarisation a provoqué une sélection négative, provoquant la diminution du nombre d’individus. Il s’avère donc que le TDA n’est pas une maladie qui vient d’apparaître comme par magie mais serait, génétiquement parlant, un état originel de l’humanité.

Il semblerait aussi que l’environnement puisse aussi causer un TDA (métaux lourds, pesticides…. etc etc). Attention, l’éducation n’est en rien responsable du TDA, en revanche l’environnement conditionne l’expression des symptômes. Inutile de dire que c’est de la paresse, de la mauvaise éducation parentale, pas de sport, trop de temps passé devant la télé… La seule chose que peut faire ce type d’environnement, c’est aider ou contrarier le développement de mécanismes de compensation.

On estime actuellement qu’il y a entre 3.2 et 5% d’enfants TDA et 7% d’adultes TDA en France.

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Euh ouais, tu sais qu’on ne la connaît pas?

C’est normal. Puisque si le TDA est reconnu dans pas mal de pays comme le Québec, les Etats Unis ou l’Allemagne, en France, c’est un trouble qui n’a été réellement reconnue qu’en janvier 2015 par la Haute Autorité de Santé. Entre temps, il a fallu s’organiser et, surtout, trouver des médecins au fait de ce trouble.

On peut d’ailleurs la faire reconnaître comme handicap cognitif. La procédure est la même que pour les autres handicaps. En revanche, elle est plus souvent faite pour les enfants qui demandent une prise en charge spécifique. D’ailleurs, on entend plus souvent parler d’enfants hyperactifs que d’adultes (simplement parce que quand on est adulte, on devrait.. comment dire… avoir été poli par la vie?).

Cependant, la difficulté à trouver un médecin capable d’établir un diagnostic reste l’un des principaux obstacles pour parvenir à ne serait-ce à un début de réponse.

 

 

Ok, t’as un trouble… Mais ça donne quoi ?

Les symptômes du déficit de l’attention sont classés en trois catégories et sont globalement les mêmes pour un enfant que pour un adulte (même si l’hyperactivité physique est bien moins présente chez un sujet âgé):

  • Trouble de l’attention sélective:
    • Procrastination
    • Difficulté à s’ograniser
    • Difficulté à sélectionner les informations pertinentes ou importantes en ignorant les sources de distractions (visuelles, auditives, internes ou motrices)
    • Difficulté à prêter attention aux détails ou au contraire, tendance à traiter les détails inutiles au détriment de l’information importante.
  • Trouble de l’attention divisée:
    • Difficulté à « bien » faire plusieurs choses en même temps, traiter simultanément plusieurs sources d’information et/ou à déplacer son attention entre plusieurs activités ou types d’informations (ex: écouter en classe + prendre des notes)
    • Mauvaise mémoire de travail ou mémoire à court terme
    • Perte fréquente d’objets (penser à autre chose quand on range et ne rien retrouver par la suite)
  • Trouble de l’attention soutenue:
    • Difficultés à traiter la même information longtemps, sans zapper
    • Difficultés à terminer ce qui est commencé
    • Erreurs de plus en plus fréquentes avec l’avencement de la tâche
    • Évitement à se lancer dans des tâches demandant un effort soutenu
    • Lenteur d’exécution à cause des distractions

Ajoutons par-dessus:

  • Hyperactivité motrice (surtout pour les enfants) qui consiste à bouger… non-stop. Un enfant va remuer et courir partout. Un adulte  bougera les jambes, les mains, se touchera les cheveux… en plus des signes d’agitation intérieure (nervosité et cie).
    • exemple d’hyperactivité physique chez un adulte: 10 fenêtres ouvertes sur son pc, téléphoner en travaillant, regarder la télé en faisant autre chose…
  • Hyperactivité intellectuelle. Vous êtes capable d’avoir trois conversations orales avec les gens? De terminer leurs phrases? De sortir des chemins battus pour trouver une solution? D’avoir le cerveau qui fonctionne sans arrêt, même pendant votre sommeil ? Vos idées fusent et vous ne parvenez pas à vous arrêter? Vous passez d’un sujet à l’autre dans un cheminement intellectuel qui vous est clair mais pas pour les autres? Bah voilà, ça c’est de l’hyperactivité intellectuelle.
  • Impulsivité. Au cas où, je vais quand même faire un rappel: il s’agit d’avoir des difficultés à inhiber les réactions verbales, motrices, cognitives ou émotionnelles.

 

 

A savoir qu’il y a une infinité de combinaisons. Moi-même, je ne rassemble pas tous les critères mais j’en ai qui sont exacerbés.

 

Mais encore?

Le TDA a, malheureusement, beaucoup de troubles associés (c’est pas drôle sinon):

  • Troubles de l’apprentissage
  • Troubles anxieux
  • Troubles de l’humeur
  • Troubles addictifs

A noter aussi un nette tendance à l’échec scolaire puisque le système actuel ne veut que des enfants patients, calmes et capables d’entrer dans un moule. Autant dire qu’un enfant atteint de TDA passe souvent pour étant un monstre tant aux yeux du personnel enseignant et éducatif qu’aux yeux des autres enfants et parents.

 

On distingue trois »types » de TDA (j’utilise TDA parce que c’est plus rapide, hm) sur la base du comportement:

  • Type inattentif (dit TDA). C’est la base du trouble déficitaire de l’attention. Bien souvent hypoactifs, ils ne sont pas diagnostiqués simplement parce que leur comportement ne dérange pas. Considéré comme apathiques et déconnectés de la réalité, c’est un type que l’on retrouve plus chez les jeunes filles et les femmes.
  • Type hyperactif (dit TDAH). C’est le gamin qui bouge de partout. C’est l’adulte qui ne termine jamais rien.
  • Type impulsif. Concerne ceux qui ont tendance à parler ou à agir sans réfléchir, prennent des risques, ont un tempérament explosif ou sont capables de tout plaquer d’un coup.

 

Et les adultes?

Concernant les adultes, et comme je l’ai déjà évoqué, ils ont tendance à alterner deux ou trois types par phases d’une longueur irrégulière. A ne pas confondre avec la bipolarité puisque les changements, dans ce cas là, sont moins fréquents et plus stéréotypés.

Voici la liste des symptômes négatifs de ce trouble pour les adultes:

  • Déficit d’attention
  • Hyperactivité
  • Hypoactivité 
  • Impulsivité
  • Fonctions cognitives et exécutrices déficitaires: mémoire de travail faible, problème d’organisation, problème de gestion des priorités, problème de prise de décision, problème de perception du temps.
  • Mauvaise estime de soi, de confiance en soi, d’affirmation de soi
  • Insatisfaction chronique, sentiment de ne pas s’accomplir
  • Ennui fréquent: dispersion, désœuvrement, pensées négatives, frustration, impatience..
  • Distraction / hyperfocalisation
  • Procrastination
  • Chaos cérébral, instabilité dans la vie
  • Energie fluctuante, fatigue chronique, burn out
  • Humeurs changeants, hyper émotivités, cyclothymie
  • Difficultés relationnelles
  • Hyper sensibilité
  • Inquiétude et prise de risques
  • Anxiété de performance, crises d’angoisse, stress
  • Addictions, comportement addictif
  • Isolement, sentiment de solitude
  • Troubles psychiatriques: dépression, anxiété généralisée, trouble panique, bipolarité, TOC, trouble borderline, troubles du sommeil,  addictions, trouble des conduites et des comportements, trouble des conduites alimentaires, syndrome Gilles de la Tourette

Parce que ce n’est pas non plus que du négatif, voici les potentiels symptômes positifs ou qualités:

  • Créatif
  • Intuitif
  • Curiosité, ouverture d’esprit
  • Spontanéité, empathie
  • Enthousiaste et si hyperactif: dynamique, extraverti, énergique
  • Audacieux, capacité à foncer
  • Hyperfocalisation
  • Performant quand arrive la date butoir, à l’aise dans le chaos
  • A l’aise face à un groupe
  • Loyal, sens de la justice
  • Modeste
  • Indépendant
  • Sensible aux autres, altruiste, tolérant
  • Passionné
  • Adaptable, flexible, capacité d’improvisation
  • Capacité à innover, visionnaire
  • Besoin de défis, de risques
  • Désirs artistiques ou de loisirs créatifs
  • Capacité à rebondir
  • Vie variée et non conventionnelle

 

 

 
 

 
 

C’est avec ce joli papillon que je mets fin à ce premier article sur le TDAH. Dans la seconde partie, je parlerai probablement du diagnostic et des traitements.

 

Xoxo 😉


Sources:

 

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4 réflexions sur “Vie en eaux troubles: Le TDAH #1 – présentation

  1. Article à la fois clair et concis.

    Ce qui est dommage, c’est que la plupart des symptômes positifs peuvent facilement être pourris par certains des aspects négatifs du trouble, notamment quand on regarde du côté de la comorbidité (les troubles associés cités au-dessus, pour préciser le terme).

    Par exemple, le TDAH peut être extraverti avec de l’empathie et tout… Mais c’est malheureusement de la théorie. Comme tu dis, ce sont de potentiels symptômes positifs. Dans les faits, ça ne sert pas trop quand la personne souffre de phobie sociale, là encore pas mal associée au TDAH.

    C’est bête à dire, mais finalement, on peut avoir énormément de profils différents selon le parcours de chacun : ça peut aller du gars asocial et casanier qui n’a jamais complètement su s’adapter et s’assumer au point de complètement se renfermer à celui qui a réussi à s’épanouir et à faire carrière, en général dans le domaine artistique (pas mal d’acteurs et de musiciens, notamment).

    Mais bon, c’est pareil pour tous les « troubles », qu’ils soient neurobiologiques ou psychiatriques. Sur ce plan, on ne peut pas non plus faire de généralités sur d’autres comme la schizophrénie. On ne peut pas complètement prévoir comment deux individus atteints du même trouble vont évoluer. Ils peuvent prendre des chemins complètement différents.

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  2. Enfin, je remarque que, quand je suis à l’aise, je suis vachement doué en social en fait. Une fois mis de côté les craintes, doutes et complexes. Je peux même faire une blague de merde devant plus de cent personnes au micro sans me sentir traumatisé.

    Il y a des années, je crois que j’en aurais été incapable…

    Un truc paradoxal, c’est qu’on peut énormément ressasser, tout en étant généralement capable de rebondir et de passer à autre chose assez vite, à condition d’être dans les bonnes conditions pour ça.

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    1. Tout est une question de sensations.
      Je suis aussi sociable quand je suis à l’aise mais je connais ma limite.
      Généralement, c’est le lot d’un introverti aussi.

      Par contre, personnellement, j’ai tendance à être à l’aise puis à culpabiliser et à ressasser ce que j’ai dit jusqu’à m’en rendre malade…

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